L’entreprise 3.0 : l’entreprise distribuée

 

3615 (R)évolution

Qui se souvient encore qu’il y a 20 ans Internet en était à ses balbutiements ? En France, On dénombrait environ 500 000 abonnés… Les communications se facturaient alors à la minute et le coût horaire était de 17 francs (2,60 euros). Le minitel était encore roi et on se contentait souvent de se connecter quelques minutes à internet afin de récupérer ses e-mails.

 

 

En 2018, on ne se contente plus d’échanger du texte, mais on se parle, on partage des photos, des vidéos… Le tout de façon illimitée et pour un prix modique. Le monde du travail a été profondément bouleversé par ces nouveaux usages et s’il est courant de communiquer avec un client de l’autre côté de la planète, l’application qui lui sera livrée est généralement l’œuvre d’une équipe partageant un même bureau. Pourtant, les moyens techniques à notre disposition aujourd’hui permettent d’envisager de travailler autrement.

 

Elastic : Distributed By Design

Au DevFest de Toulouse, j’ai assisté à la conférence de Sylvain Wallez qui nous a présenté l’organisation d’Elastic, une société qui regroupe une équipe d’ingénierie totalement distribuée de 250 personnes réparties sur 32 pays et 18 fuseaux horaires.

Répartition géographique des 600 employés d’Elastic. Les équipes administratives sont basées à San Francisco.

 

Lors de sa création, le premier employé a été le Chef Financial Officer (CFO) dont la mission était la mise en œuvre de  la structure juridique et organisationnelle permettant à l’entreprise de fonctionner de manière distribuée. En s’étant donnée les moyens dès sa conception d’accueillir des travailleurs à distance, Elastic peut se targuer d’être une société « remote-first » par design.

« There’s a split between being remote-friendly — hiring some workers in a different city — and remote-first, meaning you build your development team around a workflow that embraces the concepts of remote work,whether or not your employees are remote » : Zach Holman (Github)

On ne se décrète pas « remote-first », mais on met en place les conditions organisationnelles, les outils collaboratifs et les processus permettant d’en tirer le plein bénéfice.

 

Un système communiquant

« A distributed system is a software system in which components located on network computers communicate and coordinate their actions by passing message » : Sylvain Wallez (Elastic)

On peut facilement faire une analogie entre système et entreprise distribués, ceux-ci ayant des problématiques similaires : afin que chaque acteur possède le même niveau d’information, différents canaux de communication doivent être disponibles, synchrones ou asynchrones selon la disponibilité des destinataires.

Gmail reste l’outil privilégié. Les e-mails ont l’avantage d’être persistants et « time-zone friendly ». Chez Elastic, un nouvel employé sera d’office abonné à toute une série de mailing-lists et son compte mail directement configuré avec une liste de filtres par défaut permettant de gérer le flux d’informations.

Slack tient également un rôle central. Les daily-meetings, notamment, y sont tenus dans un channel dédié. Au moment où sa journée commence, chaque contributeur partage son état d’avancement. Indépendamment de son fuseau horaire, chacun est tenu informé de l’évolution du projet.

Toujours dans un souci de partage de la connaissance et afin de maintenir la cohérence du code, un développeur ne pourra publier son travail qu’après avoir soumis une pull-request sur GitHub et que celle-ci ait été validée par deux autres collaborateurs. Cette bonne pratique a également l’avantage de produire du lien social entre les intervenants.

Enfin, Zoom est utilisé pour toutes les démos et les réunions. Chaque meeting est enregistré et mis à disposition sur Drive.

 

 

Quelle que soit la nature des échanges, ceux-ci doivent toujours être rendus publics. Une discussion sur un canal synchrone (Slack, Zoom…) doit toujours mener à un résumé posté sur un canal asynchrone (Gmail, GitHub, Drive…) afin de capturer l’information et de la rendre disponible à ceux qui n’étaient pas présents.

L’entreprise : un vecteur social

Remote ne signifie pas isolé et les entreprises ont compris que le succès passait nécessairement par un sentiment d’appartenance et d’adhésion.

« When you treat the coworker two desks down the same, for the most part, as you do your coworker in Illinois, everyone has a great feeling of belonging and engagement. That leads to greater happiness and productivity for everyone. » : Alyssa Mazzina (StackOverflow).

Toutes ont mis en œuvre des channels Slack dédiés aux sujets fantaisistes, une room Zoom ou HangOut « always on » pour venir discuter comme à la machine à café… certains organisent même des Happy Hours à distance dans lesquelles un « hôte » est désigné et chargé d’animer la soirée autour d’un sujet de conversation qu’il aura défini…

Enfin, parce que les relations ne peuvent pas être que digitales, les salariés se réunissent plusieurs fois par an afin de se rencontrer physiquement. Le temps est divisé entre réunions communes, travail en équipe et activités funs. Le but étant de créer du lien entre les collaborateurs, de consolider le groupe et de développer la culture d’entreprise.

En conclusion

Si internet permet aujourd’hui de travailler ensemble sur des zones géographiques distinctes, ce modèle n’est pas forcément transposable à tous. Il nécessite confiance et autonomie.

Mais si l’entreprise met en place les conditions nécessaires, il constitue une politique RH particulièrement agressive qui permet de recruter les meilleurs talents et d’éviter la « bataille » avec les entreprises localement concurrentes.

 

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Olivier THOMAS
Olivier THOMAS

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