De retour de l’Open Source Summit Paris

En tant que Développeuse Agile chez PALO IT pour un acteur du Cloud, je me suis rendue au Paris Open Source Summit qui a eu lieu les 18 & 19 novembre derniers.
Voici mon retour sur conférence.

1. Keynote d’ouverture

Le Paris Open Source Summit 2015, fruit de la fusion de Solutions Linux et de l’Open World Forum, est le plus grand événement du Libre et de l’Open Source en Europe, dont la première édition s’est déroulée les 18 & 19 novembre 2015. La keynote d’ouverture nous a montré, à travers des exemples de succès issus de contextes variés, qu’au-delà du bien-fondé des principes éthiques et communautaires, l’Open Source se consolide comme un modèle d’énergie numérique autour duquel se bâtit un modèle économique disruptif et durable. L’implantation de l’Open Source chez PSA, ou encore l’extraordinaire réussite de jeunes champions français comme Symfony ou Docker confirment la bonne santé du Libre et de l’Open Source français.

Open Source Summit

 

2. Track Cloud

Le track Cloud a offert des conférences variées, présentées par les géants de l’Open Source et de l’industrie informatique comme Red Hat ou HP, mais également par des startups comme Objectif Libre, Clever Cloud, Cozy Cloud et Treeptik, ainsi que la classique table ronde.

Conférence « The cloud is hard so don’t do it alone » par Bruno GILLET (Red Hat)

Retrouvez la vidéo de la conférence.

A travers sa conférence, Bruno Gillet, Specialist Solution Architect Cloud Computing chez Red Hat nous a aidés à comprendre les axes de la route vers le Cloud : où en sommes-nous ? Où va-t-on? Et pourquoi y allons-nous ? Cette route partagée par le Métier et la Technique nous conduit vers un modèle hybride et de contrôle.

Bruno GILLET

Où en sommes-nous ?

Le Métier et l’IT ont des enjeux différents, d’un côté le métier est conditionné par la voracité concurrentielle du marché et par le Time-To-Market, qui exige des cycles de conception de produit de plus en plus courts. Le Cloud permet au Métier d’allouer des ressources de façon rapide et flexible et d’améliorer sa prévisibilité budgétaire grâce à un modèle de facturation à l’usage. D’un autre côté, l’horloge de l’IT marque ses heures au rythme des engagements contractuels liés aux accords sur les niveaux de service (SLA), indispensables pour répondre aux contraintes de sécurité des données et de fonctionnement des applications hébergées.

Exemple : Dans le chemin traditionnel de gouvernance IT, la demande d’une machine virtuelle pour un Développeur pourrait induire un délai de 8 semaines. Dans le contexte actuel, le reflexe du Développeur est se tourner vers le Cloud public.

Où va-t-on?

L’avenir est dicté par le Métier. Le contexte actuel exige une capacité d’adaptation constante aux applications avec des cycles de vie volubiles et aux pics de saisonnalité. Le cloud hybride est la solution pour pouvoir répondre aux nouveaux défis d’agilité, d’efficience et de réduction de coûts. En ce qui concerne la flexibilité, ce sont les architectures Scale Out qui semblent plus adaptées aux nouveaux enjeux face aux anciennes architectures Scale Up. Il s’agirait donc de privilégier l’addition d’équipements par rapport à l’amélioration des performances lorsque la charge de travail augmente.

Exemple : Comment évoluer vers Openstack tout en pérennisant notre infra actuelle ?

La route vers le cloud

La route vers le cloud est globale : elle doit être parcourue par le Métier et l’IT. Il s’agit d’une route dynamique où les choix ne devront pas nous empêcher d’évoluer. Red Hat, leader mondial de l’Open Source, met à notre disposition son énorme expérience en accompagnement, formation et certification pour nous aider à explorer les sentiers du Cloud.

Témoignage sur « L’implémentation d’un Cloud OpenStack : les bonnes pratiques, l’importance de suivre les coûts du Cloud et les outils associés » par Christophe SAUTIER (Objectif Libre)

Christophe Sautier, CEO d’Objectif Libre et ancien président d’Ubuntu France, nous a fait un retour d’expérience global sur l’implantation de cette solution basée sur Openstack dont la prémisse essentielle est la garantie de l’évolutivité grâce à l’automatisation à outrance.

Christophe SAUTIER

Objectif Libre a une forte expertise dans l’environnement Linux et propose de l’accompagnement professionnel dans la mise en place d’infrastructures innovantes et notamment celles basées sur des applications Open Source.

Préparation du projet
Pour bien accompagner le client dans sa démarche vers le Cloud, il faut tout d’abord déterminer quel est son objectif.

Par exemple :

  • Dans le projet de refonte de l’IHM de La Poste et afin d’automatiser le déploiement des applications, il a fallu déterminer la matrice de flux associés ;
  • Pour un opérateur libre qui souhaitait étendre son offre de services, bien qu’il ait une préférence pour l’Open Source, il a fallu évaluer toutes les solutions possibles.

Enjeux
Ce retour d’expérience nous a montré comment Objectif Libre traduit les principaux enjeux qui ont conditionnés les solutions appliquées à chaque cas :

  • Prendre en compte la volumétrie attendue dans le périmètre de la solution ;
  • Faire des choix techniques pertinents tout en gardant les habitudes du client ;
  • Garantir l’évolutivité de la solution grâce à l’automatisation extrême avec Docker ;
  • Faire le choix d’une configuration mono-région lorsque la latence du réseau est importante ;
  • Garantir la scalabilité avec des solutions moins élégantes mais qui fonctionnent.

Facturation avec CloudKitty

CloudKitty, qui a récemment rejoint les projets «Big Tents » du framework OpenStack, est le module de facturation et d’analyse des coûts Cloud proposé par Objectif Libre. Il a été développé selon les techniques et les Best Practices d’Openstack.

Ce qui a fonctionné…ou pas

Parmi les points les plus positifs de ce retour d’expérience, on retrouve :

  • L’emploi des infrastructures basées sur OpenStack ;
  • L’adhésion des équipes techniques ;
  • L’automatisation à outrance et certains développements spécifiques.

Parmi les points moins positifs, on retrouve :

  • Le besoin de faire certains fixes OpenStack ;
  • Des éléments externes du client comme les délais de livraison des serveurs ;
  • Le couplage du réseau au niveau client.

Ce retour d’expérience a permis de mettre en avant plusieurs bonnes pratiques à adopter : ne pas hésiter à revoir sa copie, être transparent, s’appuyer fortement sur le benchmarking (ex. Rally) et surtout être conscient qu’il ne s’agit pas seulement d’avoir un Cloud mais bien de savoir s’en servir.

Conférence « From code to infrastructure, the way of scalability » par Quentin ADAM (Clever Cloud)

Quentin Adam, CEO de Clever Cloud, intervient comme l’un des leaders de la « Disruption Industrielle ». Sa révolution ? C’est l’automatisation extrême au cœur immutable. Son mantra ? C’est l’éradication de l’être humain au sein de la production.

Quentin ADAM

L’un des axes fondamental du Cloud est la scalabilité humaine et logicielle. La meilleure solution à long terme, c’est le Scale-Out. Dans le monde du code, on a pu largement constater que lorsqu’une application grossit, elle devient ingérable. Au même titre, dans le monde de l’infra, lorsqu’une infrastructure grossit, elle devient également ingérable.

En continuant avec le parallélisme entre le code et l’infrastructure, si l’on gère des données avec des états mutables, on génère une grande histoire qui nous oblige à bloquer des valeurs et à gérer de la concurrence. Par contre, si l’on travaille avec des données immuables (sans modification, ni suppression) on n’aura aucune histoire à gérer et le stockage des données immutables nous permettra de les analyser et de les historiser. Pour les serveurs, c’est pareil : bientôt ajouter des serveurs ne sera plus un problème car leur prix se réduira significativement.

L’immutabilité des serveurs comporte obligatoirement l’immutabilité des environnements de production et cela va bouleverser complètement le rôle de l’administrateur système, qui ne sera plus l’administrateur de l’histoire créée par les serveurs mais son créateur. Créer l’histoire consiste à automatiser l’administration des serveurs.

L’existence d’un être humain sur la Prod est un problème. Si on a besoin de faire du spécifique, cela équivaudrait à produire de l’électricité soi-même et donc que notre usine d’automatisation n’est pas capable de gérer un cas. Une instance a seulement deux états possibles : morte ou vivante. L’utilisateur a envie d’un logiciel qui fonctionne et ne souhaite pas savoir si le serveur fonctionne bien ou mal.

Conférence « Software Defined Infrastructure is the new Cloud » par Bruno CORNEC (HPE)

Bruno Cornec, Open Source & Linux Technology Strategist chez HPE nous a fait découvrir le potentiel du binôme Ironic-Redish dans le contexte de la gestion des serveurs physiques dans un écosystème Openstack.

 Bruno Cornec

Ironic est une API OpenStack pour provisionner des serveurs physiques. Elle est utilisable en tant que Nova driver ou toute seule avec Kilo. Ironic fournit une couche d’abstraction pour gérer la carte de management de chaque constructeur.

Redfish est une API REST dédié au management des plateformes hardwares. Il s’agit d’un effort de standardisation du Distributed Management Task Force (DMTF). C’est une organisation qui développe et maintient les standards pour l’administration de systèmes informatiques d’entreprises ou connectés à Internet. Ce standard a été proposé initialement par Dell, Emerson, HP et Intel. Il est destiné à remplacer IPMI. Redfish permet d’interroger la machine pour connaître les informations matérielles : HP fournit un standard pour tous leurs serveurs.

Combiner Ironic et Redfish

HPE travaille dans deux projets qui fourniront différents outils pour intégrer Ironic, le composant bare-metal Openstack et Redfish, le standard proposé par le DMTF:

  • Python-redfish: il s’agit d’un projet qui comporte le développement d’une API RESTful en python afin qu’Ironic puisse supporter Redfish ;
  • Alexandrie: ce projet permet de proposer une interface entre CMDB et les fournisseurs d’informations sur le matériel comme Redfish.

Conférence « Cozy : retour d’expérience sur l’hébergement de milliers de Clouds Personnels » par Frank ROUSSEAU & Nicolas LEDEZ (Cozy Cloud)Cozy

Frank Rousseau, co-fondateur de Cozy Cloud  et Nicolas Ledez, son gourou Devops, nous ont présenté un modèle de Cloud personnel libre (pPaaS : personal Platform as a Service) que nous pouvons héberger, personnaliser et entièrement contrôler, dont la fin ultime est de « dégoogliser » notre vie numérique. Grâce à lui :

  • Nous pouvons héberger nos données chez nous ou chez Cozy en tant que bêta testeur. A l’avenir, on pourra aussi choisir l’hébergement de notre choix pour notre Cozy Cloud.
  • Nous pouvons supprimer nos données et quitter la plateforme à tout moment.

Les fonctionnalités principales de Cozy Cloud sont l’agenda, les contacts et le mail. A terme, ce périmètre s’élargira à la gestion de toutes données. Cozy possède une architecture modulaire basée sur Node.js qui permet aux utilisateurs d’ajouter facilement leurs propres applications.

Exemple de démo : on ajoute un contact à notre agenda depuis notre téléphone portable et on observe comment il apparaît parmi nos contacts Cozy.

Conférence « Architecture de CloudUnit » par Nicolas MULLER (Treeptik)

Nicolas Muller, Architecte JEE chez TreepTik, nous a présenté CloudUnit, une plateforme née pour simplifier la vie quotidienne du Développeur Java en profitant de la puissance de Docker.

Nicolas MULLER

CloudUnit est une plateforme spécialisée en Java (pPaaS), qui permet de construire et de lancer des applications Java (devs) mais également de faire la provision et l’orchestration des environnements (ops). CloudUnit profite de la puissance de Docker pour pouvoir créer des ressources en s’appuyant sur Docker Compose.

3. Table Ronde

Animateurs : Bruno CORNEC (HPE), Bruno GILLET (Red Hat), Christophe SAUTIER (Objectif Libre), Marc DUTOO (Open Wide).

Autour de cette table ronde, les différents intervenants ont tenté de chasser les nuages d’une notion parfois trop généraliste du Cloud tout en traçant les bonnes limites des frontières toujours floues entre IAAS / PAAS / SAAS. Une approche de consensus semble tous nous réunir : le Software Defined Anything (SDA). Déjà dans un domaine plus pratique, une question se pose : comment « cloudifier » le client afin qu’il puisse profiter pleinement des avantages du Cloud ?

  • IAAS (Infrastructure as a Service) : parc informatique virtualisé ;
  • PAAS (Plateforme as an Service) : le système d’exploitation et les outils d’infrastructure sont sous la responsabilité du fournisseur ;
  • SAAS (Software as an Service) : les applications peuvent être manipulées à l’aide d’un navigateur Web ou installer localement ;
  • SDA (Software Define Anything) : tout est défini par le logiciel.

4. Zoom sur le cloud des startups françaises

Cloud Ecosystème *aaS Points forts
Objectif Libre Openstack, Docker, Ansible, Puppet IaaS Expertise Linux, contributeur Openstack.#CloudKitty #BigTent #Openstack
Clever Cloud Java, Node.js, PHP, Python, Ruby, Go, Docker. PaaS Clever Cloud garantit le fonctionnement de l’application.#Fast50
Cozy Cloud NodeJS pPaaS Cloud personnel libre, serveurs auto-hebergeables.@Nitot
Cloud Unit “Agnostic”, Docker, Java PaaS Cloud Java Open Source.#PaaS #Java

#NiPigeonsNiEspions : Les quatre startups présentes dans le track Cloud font partie des signataires de la déclaration contre la surveillance généralisée d’Internet.

Conclusion

Le track Cloud de cette première édition du Paris Open Source Summit nous a montré qu’on se dirige inexorablement vers le Cloud (peut-être un Cloud hybride) et que cette route est globale et dynamique. Pour parcourir ce chemin, on peut se faire accompagner des différents experts qui sauront trouver la bonne pointure pour nos « chaussures nuageuses » ou nous en fabriquer sur mesure si besoin : l’automatisation à outrance, les architectures Scale-Out et l’immuabilité marquent les étapes à suivre. OpenStack reste une tendance générale mais il ne fait pourtant pas le consensus. D’ailleurs il semblerait que Docker les ait tous conquis. Les startups françaises ici représentées, proposent des modèles de Cloud (IaaS /PassS) pour tous les besoins et avec des éléments différentiateurs : du module de facturation CloudKitty aussi attendu qu’innovateur, en passant par la vision révolutionnaire de la prod immuable proposée par Clever Cloud, jusqu’au modèle de cloud personnel de Cozy Cloud qui vous rend le contrôle de votre vie numérique ou encore CloudUnit, conçu pour soulager les souffrances du Développeur Java.

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Aránzazu SAN JUAN LLANO
Aránzazu SAN JUAN LLANO

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